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Critiques de films.

28 février 2007

L'HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES – François Truffaut

L'HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES – François Truffaut – 1977
LES 101 FEMMES

703375219Betrand Morane collectionne les conquêtes féminines et décide, en pleine nuit, de relater toutes ces liaisons dans un roman qui fera parvenir à une éditrice avec laquelle il entretiendra une relation de d'amour et de respect.

C'est bien connu. François Truffaut était un homme à femmes. Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Claude Jade, Fanny Ardant, Françoise Dorléac, presque toutes ces actrices fétiches auront été la compagne de François Truffaut le temps d'une nuit ou bien de quelques années. Après plus d'une dizaine d'années à avoir prouver son amour pour la littérature dans Fahrenheit 451 et trois années après la grandiose déclaration au 7ème art de la Nuit Américaine, le cinéaste s'attaque à prouver sa passion éternelle pour les femmes : et si la beauté féminine était elle aussi un art ? Sans doute un peu machiste sur les bords, le personnage de Bertrand Morane est l'alter ego du réalisateur comme l'eut été Antoine Doinel quelques années auparavant, et l'Homme qui aimait les Femmes s'impose comme l'un des films les plus personnels du cinéaste (et comme son plus sensuel !), comme une sorte de récit autobiographique. Truffaut relate son amour dévorant pour les femmes par le cinéma comme Bertrand Morane rédige toutes ces aventures et liaisons dans un livre, support pour garder toutes les traces et souvenirs, et pour n'en oublier aucune qui lui aura apporté le bonheur quelques temps. Truffaut ne s'en cache pas de son machisme et il ne s'est pas posé le problème de la sympathie de son personnage. On le refuse ou pas, c'est notre choix, le réalisateur n'en fait pas l'éloge. Sans doute actuellement, le personnage du film serait néanmoins perçu comme un marginal pervers. « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. » Cette citation si célèbre, extraite du film l'Homme qui aimait les Femmes, est déjà à elle-seule un hommage et un hymne à la beauté du beau sexe. Doucement cynique (« Celles qui sont belles de dos et moches de face me donnent une sensation de soulagement, puisque malheureusement il n'est pas question de les avoir toutes ») et obsédé (mais bien humain) par les ondulations des hanches sous les jupes (« Pour moi, rien n'est plus agréable à regarder qu'une femme, pourvu qu'elle soit habillée d'une robe ou d'une jupe qui bouge au rythme de sa marche »), des jambes félines, des silhouettes gracieuses et du bruit des frottements des bas des croisés des jambes, Bertrand Morane, l'alter ego de Truffaut, n'est ni un dragueur, ni un macho, ni une sorte de Don Juan mais un personnage difficile à définir, un amoureux de la beauté des femmes auxquelles il vit à travers. Il cherche peu à se soucier des sentiments d'autrui et ne croit pas en l'amour absolu et ressent pourtant sans cesse le besoin d'être aimé. C'est sa mère qui lui a engendré cette passion pour le beau sexe. On retrouve là, presque la même mère qu'Antoine Doinel dans les 400 Coups et le même rapport mêlant haine et fascination pour sa sensualité (elle défile devant son fils Betrand Morane, en porte-jarretelles). Et même depuis sa tombe, lors de son enterrement, où toutes ces maîtresses sont présentes, il admire pour la dernière fois leurs visages, tous différents, uniques et irremplaçables, et qu'ils aimaient pour la personnalité et le caractère qu'ils dégageaient. A la fois, film de son temps, témoin de l'évolution (Bertrand Morane, bien loin des clichés, représente bien cette époque) des moeurs et avant tout, éloge à la beauté de la femme, réflexion sur les relations hommes et femmes (beaucoup de bavardages), l'Homme qui aimait les Femmes débute sur le ton frais et léger de la comédie pour finalement finir par tomber dans un aspect très sombre. Betrand Morane finit par mourir de sa passion dévorante pour les femmes et leurs belles jambes : et si elles aussi se vengeaient-elles enfin d'avoir été un "objet" ? Morane meurt de ce qui l'avait fait vivre comme ce qui finit par le tuer (la beauté des jambes). L'Homme qui aimait les Femmes est l'histoire d'une passion autodestructrice. Truffaut semble manquer au cinéma français comme... il manque aux femmes ?

Critique écrite par Clémentine le 29 janvier 2007

Posté par critiquescinema à 21:30 - Truffaut François - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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